Flamber au whisky apporte à une recette plus qu’un simple effet spectaculaire en salle ou en cuisine. La flamme concentre les arômes, développe les sucs de cuisson et crée ce profil caramélisé si recherché dans les sauces gastronomiques modernes. Que vous travailliez une pièce de bœuf, un magret de canard, des crêpes ou un ananas rôti, le choix du whisky et la maîtrise du flambage transforment un plat correct en assiette mémorable. Comprendre la technique, respecter la sécurité et exploiter intelligemment les profils aromatiques des single malts, blended ou bourbons permet de signer une cuisine de caractère, parfaitement équilibrée entre puissance alcoolique évaporée et complexité aromatique préservée.

Principes culinaires du flambage au whisky : réactions de maillard, point d’éclair et sécurité en cuisine

Le flambage au whisky repose d’abord sur la compréhension de la réaction de Maillard, cette transformation chimique entre sucres et protéines qui donne la croûte dorée sur une pièce de viande ou la surface caramélisée d’un fruit poêlé. En ajoutant un whisky riche en sucres résiduels dans une poêle déjà chaude, vous créez un environnement idéal pour intensifier ces notes grillées, torréfiées et légèrement fumées. Les études en science alimentaire montrent qu’au-delà de 140 °C, les composés aromatiques générés se multiplient, ce qui explique pourquoi un flambage bien conduit donne un goût nettement plus complexe qu’un simple déglaçage au vin blanc ou au bouillon.

Comprendre le point d’ébullition et le point d’éclair de l’alcool pour un flambage au whisky maîtrisé

Pour flamber efficacement au whisky, deux notions sont essentielles : le point d’ébullition et le point d’éclair. L’éthanol commence à bouillir autour de 78 °C, alors que le point d’éclair d’un whisky entre 40 et 50° se situe en moyenne autour de 26–30 °C. Cela signifie que dès que le whisky est versé dans une poêle très chaude, les vapeurs d’alcool sont immédiatement inflammables. Une partie se consume, une autre s’évapore, mais les composés aromatiques restent dans la sauce. En pratique, un flambage de 10 à 15 secondes suffit pour éliminer la majorité de l’alcool tout en préservant la signature gustative du spiritueux.

Une confusion fréquente consiste à croire que tout l’alcool disparaît. Des mesures publiées par des instituts culinaires montrent qu’après flambage, il peut rester entre 20 et 40 % d’alcool résiduel selon la durée de cuisson et la quantité utilisée. Pour des recettes destinées à des enfants ou à des personnes sensibles, une réduction prolongée après flambage devient donc indispensable. Ce contrôle de la température, de la flamme et du temps d’exposition différencie une cuisine amateur d’une approche professionnelle vraiment maîtrisée.

Gestion de la flamme : utilisation du gaz, de la salamandre ou du chalumeau de cuisine

La majorité des flambages au whisky s’effectuent sur gaz, car la flamme nue facilite l’embrasement. La méthode la plus sûre consiste à chauffer le whisky à part dans une petite casserole, à retirer la poêle du feu, à verser l’alcool, puis à approcher une allumette longue ou un allume-gaz. Sur plaque électrique ou induction, un chalumeau de cuisine ou une salamandre professionnelle offre une alternative pratique : l’appareil sert à déclencher et contrôler la flamme, sans dépendre d’un brûleur gaz.

La flamme doit rester un outil, pas un spectacle incontrôlé. Une hauteur de 20 à 30 cm suffit largement pour consumer l’alcool et enflammer les vapeurs. Si vous utilisez un chalumeau, approchez-le à 5–10 cm de la surface, en mouvements circulaires, comme un peintre qui termine un glacis. Cette analogie aide à comprendre que la flamme doit « caresser » la préparation plutôt que l’attaquer brutalement, ce qui limiterait les risques d’amertume et d’oxydation excessive des graisses.

Techniques de déglacage et de réduction au whisky après flambage

Une fois le whisky flambé, la poêle contient un fond très aromatique, mélange de sucs caramélisés et de gras parfumé. Le déglacage consiste à décoller ces sucs avec un liquide : bouillon, fond brun, crème, jus de viande ou même un second filet de whisky ajouté hors flamme. Pour une viande, la poêle en fonte ou en acier permet une meilleure accroche des sucs qu’un revêtement antiadhésif. Un déglaçage progressif, à feu moyen, assure une réduction homogène sans séparation de matière grasse.

La réduction au whisky suit ensuite un principe simple : laisser mijoter doucement pour concentrer les arômes. Une règle empirique largement utilisée en restauration consiste à viser une réduction d’un tiers à la moitié du volume initial. Au-delà, le risque de salinité excessive augmente, surtout en présence de fonds déjà salés. Surveiller la texture à la spatule en bois est très efficace : lorsque la sauce nappe le dos de la cuillère, la consistance idéale pour un nappage de viande ou de dessert flambé est atteinte.

Protocoles de sécurité : choix du récipient, distance de flambage, maîtrise de l’extinction

Le flambage au whisky impose un protocole de sécurité strict, particulièrement dans une cuisine professionnelle à haut débit. Le choix du récipient est déterminant : poêle en inox, fonte ou acier, bords suffisamment hauts, manche résistant à la chaleur. Les récipients fragiles ou instables, comme certains plats en verre, restent à proscrire. Une distance de sécurité de 50 cm entre la poêle et la hotte réduit fortement le risque d’embrasement des filtres saturés de graisse.

En cuisine professionnelle, la première règle du flambage consiste à ne jamais verser le whisky directement depuis la bouteille sur une flamme ou une poêle très chaude.

La bouteille éloignée, le whisky prélevé dans une louche ou une petite casserole, la flamme allumée à distance du visage : ces gestes simples limitent les incidents. Pour éteindre une flamme trop haute, couvrir immédiatement la poêle avec un couvercle ou une plaque métallique. L’utilisation d’eau est à bannir : l’eau projette la graisse et l’alcool, aggravant la situation. Ce protocole devrait être systématiquement intégré à la formation de tout cuisinier amené à réaliser des recettes flambées au whisky.

Choisir le whisky adapté : single malt, blended, bourbon et profils aromatiques pour recettes flambées

Le choix du whisky conditionne directement le résultat aromatique de vos recettes flambées. À la différence d’un alcool neutre, chaque style – single malt écossais, blended, bourbon américain, whisky tourbé ou non tourbé – apporte une palette de saveurs bien distincte. Les chefs qui travaillent régulièrement le flambage au whisky considèrent ce spiritueux comme un ingrédient à part entière, au même titre qu’une épice rare ou une huile d’olive de cru. La diversité des profils permet de construire de véritables accords mets-whisky, aussi précis que les accords mets-vins, que ce soit pour une sauce de gibier, des crêpes flambées ou un ananas rôti à la vanille.

Type de whisky Profil aromatique principal Usages flambés recommandés
Single malt Complexe, malté, parfois fruité ou fumé Sauces pour viandes, jus corsés
Blended Équilibré, rond, moins marqué Crêpes, desserts, fruits poêlés
Bourbon Vanillé, boisé, caramel, maïs Viandes grillées, ribs, volailles
Tourbé Fumé, iodé, cendré Gibier, canard, sauces brunes

Single malt écossais (lagavulin, ardbeg, glenfiddich) pour sauces flambées complexes

Les single malts écossais comme Lagavulin, Ardbeg ou Glenfiddich sont particulièrement prisés pour les sauces flambées complexes. Leur richesse aromatique permet de soutenir des préparations longues, avec réduction et ajout de fonds bruns. Un Glenfiddich fruité s’accorde par exemple admirablement avec un filet de bœuf flambé au whisky, suivi d’un déglaçage au fond de veau et d’une finition au beurre. Pour un magret de canard ou un gibier, un Lagavulin apportera une profondeur fumée et maritime qui rappelle un feu de bois sur une côte battue par les vents.

Les single malts ont généralement un prix plus élevé, mais quelques centilitres suffisent pour une sauce. Les concours de cuisine professionnels montrent d’ailleurs que dans les recettes gagnantes à base de whisky, un single malt est utilisé plus de 60 % du temps pour les plats salés nécessitant une sauce structurée. L’investissement se justifie par le gain en complexité, surtout lorsqu’il s’agit de marquer un plat signature sur une carte de restaurant.

Blended whisky (johnnie walker, chivas regal) pour crêpes et desserts flambés au goût équilibré

Les blended whiskies comme Johnnie Walker ou Chivas Regal offrent un profil plus rond et équilibré, parfait pour les desserts flambés. Leur assemblage combine la finesse des whiskies de malt et la douceur des whiskies de grain, ce qui limite les notes trop agressives après flambage. Pour des crêpes flambées au whisky, cette rondeur permet d’éviter que l’alcool ne domine la pâte et la sauce aux agrumes, surtout lorsque la recette remplace un Grand Marnier ou un rhum traditionnel.

Dans une banane flambée au whisky ou une pomme poêlée, un blended apporte des touches de caramel, de céréales et parfois de fruits secs, sans écraser le sucre ni les épices comme la cannelle. D’un point de vue économique, un blended milieux de gamme représente souvent le meilleur compromis pour un usage régulier en pâtisserie flambée, puisque la qualité aromatique reste stable d’une bouteille à l’autre, ce qui facilite la standardisation des recettes.

Bourbon américain (jim beam, maker’s mark) pour flambage caramélisation de viandes et ribs

Le bourbon américain, à base majoritaire de maïs, possède un profil très adapté à la caramélisation des viandes et des ribs. Des whiskies comme Jim Beam ou Maker’s Mark développent des arômes intenses de vanille, de caramel, parfois de noix de pécan et de chêne toasté, parfaits pour accompagner un glaçage barbecue. Lorsqu’il est flambé dans une poêle ou sur plancha, le bourbon intensifie ces notes sucrées et boisées en se mêlant aux sucs de viande grillée.

Pour des ribs caramélisés au bourbon, une technique efficace consiste à laquer la viande avec une réduction de sauce soja, miel, ketchup et whisky, puis à flamber rapidement au moment du service. La chaleur du flambage entraîne une légère caramélisation supplémentaire, proche d’un effet de fumoir express. Ce type de préparation s’inscrit d’ailleurs dans la tendance actuelle des restaurants à viandes, où les spiritueux comme le bourbon ou le rye trouvent une place croissante dans les marinades et les sauces flambées.

Whisky tourbé vs non tourbé : impact sur les arômes fumés des flambages salés

Le choix entre whisky tourbé et non tourbé influence radicalement l’arôme final de vos flambages salés. Un whisky tourbé, riche en phénols issus de la combustion de tourbe lors du séchage de l’orge, apporte des notes de fumée, de cendre froide, parfois de iode. Flamber un magret de canard au whisky tourbé donne à la sauce une profondeur rappelant un feu de cheminée, idéale pour des plats d’automne ou d’hiver. À l’inverse, un whisky non tourbé mettra davantage en avant les notes de fruits, de vanille et de céréales.

Le whisky tourbé agit en sauce comme une fumaison aromatique : quelques centilitres suffisent pour donner l’illusion d’un long passage au fumoir.

Cette puissance implique une grande prudence sur le dosage. Au-delà de 4–5 cl pour une sauce destinée à quatre personnes, la tourbe risque de saturer le palais et de masquer les nuances de la viande. Pour un cuisinier qui débute avec ce type de whisky, commencer avec des profils légèrement tourbés permet un apprentissage plus progressif du flambage fumé.

Vieillissement en fûts de sherry, bourbon ou chêne neuf : influence sur le profil sucré des flambages

Le type de fût utilisé pour le vieillissement du whisky joue un rôle majeur dans le profil sucré et boisé de vos recettes flambées. Un whisky vieilli en fût de sherry apportera des notes de fruits secs, de raisin, de figue et de cacao, parfaites pour un jus corsé de gibier ou une sauce de canard. Un vieillissement en ex-fûts de bourbon accentue au contraire la vanille, le caramel et parfois la noix de coco, atouts précieux pour des desserts flambés comme l’ananas rôti ou la banane caramélisée.

Les fûts de chêne neuf, plus rares, donnent des whiskies très boisés, parfois tanniques, qui conviennent mieux aux sauces pour pièces de bœuf ou gibier que pour des crêpes. Comprendre ces nuances permet de choisir un whisky comme on choisit un vin de cuisson : un spiritueux trop sec ou trop tannique risque d’apporter une amertume peu agréable après réduction, surtout si la sauce est très réduite et concentrée.

Techniques de flambage au whisky pour les viandes : bœuf, magret de canard, volaille et gibier

Les techniques de flambage au whisky pour les viandes exigent une parfaite maîtrise de la saisie, du déglaçage et de la réduction. La viande doit d’abord développer une croûte savoureuse par réaction de Maillard, dans une poêle suffisamment chaude, avant toute addition d’alcool. Le whisky intervient ensuite comme révélateur aromatique, en enrobant les sucs caramélisés puis en laissant derrière lui un concentré d’arômes après flambage. Chaque type de viande – bœuf, canard, volaille, gibier – répond différemment à cette approche, en fonction de sa teneur en gras, de sa texture et de son goût intrinsèque plus ou moins puissant.

Flamber un filet de bœuf au whisky : saisie, dégraissage et déglacage à la poêle en fonte

Pour un filet de bœuf flambé au whisky, la poêle en fonte représente un outil quasi idéal. Sa capacité à emmagasiner la chaleur garantit une saisie franche, indispensable pour fixer les sucs. Commencez par chauffer la poêle, ajouter un corps gras à point de fumée élevé (huile de pépins de raisin, par exemple), puis déposer la viande bien asséchée. Après coloration sur chaque face, retirez l’excédent de graisse si nécessaire : ce dégraissage limite les projections au moment du flambage et évite une sauce trop lourde.

Ôtez ensuite brièvement la poêle du feu, versez 4 à 6 cl de whisky préchauffé, puis enflammez. Une fois la flamme éteinte, retirez la viande pour terminer la cuisson au four si besoin, puis déglacez les sucs avec un fond de veau ou de bœuf. Une réduction contrôlée, montée au beurre à la fin, donne une sauce nappante, brillante, où le whisky apporte une dimension maltée et légèrement fumée, sans écraser le goût de la viande.

Magret de canard flambé au whisky tourbé et réduction au fond brun

Le magret de canard se prête magnifiquement à un flambage au whisky tourbé. La graisse de canard, riche et parfumée, se marie bien avec les notes fumées et légèrement iodées d’un Lagavulin ou d’un Ardbeg. Incisez la peau en croisillons, faites fondre doucement la graisse côté peau, puis terminez la coloration côté chair. Une fois la graisse excédentaire éliminée, versez un whisky tourbé préchauffé, hors feu, et flamber.

Retirez ensuite le magret pour le laisser reposer, dégraissez légèrement la poêle, puis ajoutez un fond brun de volaille ou de canard. Une réduction lente à feu moyen, sur 5 à 8 minutes, concentre les sucs. La finition peut se faire avec une noisette de beurre froid montée au fouet, donnant un jus corsé, brillant, où le whisky tourbé agit presque comme une fumée intégrée à la sauce, idéale avec des garnitures de sarrasin, de purée de céleri ou de champignons poêlés.

Volaille flambée au whisky et crème : contrôle de la liaison et de l’émulsion

Pour la volaille, le flambage au whisky s’intègre souvent dans une préparation crémée. Des suprêmes de poulet ou des aiguillettes de pintade gagnent fortement en relief aromatique avec une sauce au whisky et crème. Après avoir coloré la volaille dans une poêle, retirez-la, flambez le whisky dans les sucs, puis ajoutez la crème liquide entière. La maîtrise de la liaison et de l’émulsion devient alors cruciale pour éviter toute séparation de matière grasse.

La crème doit réduire doucement, sans ébullition violente, jusqu’à ce qu’elle nappe le dos d’une cuillère. À ce stade, la réintroduction de la volaille permet de terminer la cuisson en douceur. L’ajout final de poivre, de moutarde douce ou de moutarde à l’ancienne apporte un relief supplémentaire. Le whisky, ici, joue le rôle d’élément aromatique structurant, donnant plus de profondeur qu’un simple vin blanc ou un bouillon neutre.

Gibier (chevreuil, sanglier) flambé au whisky et baies de genièvre : gestion des sucs et du déglaçage

Le gibier, comme le chevreuil ou le sanglier, possède un goût puissant qui supporte sans difficulté un flambage au whisky. L’association avec les baies de genièvre, classiques dans les recettes de gibier, fonctionne particulièrement bien avec des whiskies vieillis en fûts de sherry, aux notes de fruits secs et de cacao. Après saisie de la viande, le flambage au whisky permet de déglacer une première fois les sucs, avant l’ajout d’un fond de gibier et d’aromates.

La gestion des sucs se joue sur plusieurs niveaux : racler soigneusement le fond de la poêle avec une spatule en bois, limiter l’ajout d’eau pour ne pas diluer les saveurs, et réduire à feu doux pour conserver une texture sirupeuse. Ce type de sauce accompagne idéalement des garnitures de saison comme une purée de panais, des châtaignes rôties ou des légumes racines glacés, tout en mettant en valeur la complexité du whisky choisi.

Recettes flambées au whisky pour fruits et desserts : crêpes, bananes, pommes et ananas

Le whisky ne se limite pas aux plats salés. Utilisé avec précision, il devient un allié précieux des desserts flambés, en remplaçant le rhum, le cognac ou les liqueurs d’agrumes. Crêpes, bananes, pommes et ananas profitent particulièrement bien de sa palette aromatique. La clé consiste à adapter le style de whisky au fruit : un blended rond pour des crêpes, un bourbon vanillé pour les bananes, un single malt fruité pour les pommes, ou un whisky vieilli en fût de sherry pour un ananas rôti. La gestion du sucre et de la caramélisation reste fondamentale pour éviter l’amertume et obtenir un nappage brillant et savoureux.

Crêpes flambées au whisky écossais et agrumes : alternative technique aux crêpes suzette au grand marnier

Les crêpes flambées au whisky écossais représentent une alternative raffinée aux crêpes Suzette au Grand Marnier. La technique repose sur une sauce beurre-sucre-jus d’orange, enrichie de zeste et de whisky à la place de la liqueur. Une fois les crêpes pliées dans la poêle avec la sauce, le flambage au whisky vient terminer la cuisson et intensifier les arômes d’agrumes. Un single malt peu tourbé, aux notes d’orange et de miel, donne un résultat particulièrement harmonieux.

Pour une meilleure maîtrise, utilisez un whisky légèrement chauffé et retirez la poêle du feu avant d’embraser. Le flambage dure en général quelques secondes, juste assez pour enrober les crêpes d’un voile caramélisé. L’évaporation partielle de l’alcool laisse un parfum long en bouche, plus subtil qu’avec certaines liqueurs très sucrées, ce qui convient à des palais recherchant moins de sucrosité et davantage de complexité.

Bananes flambées au whisky et cassonade : caramélisation contrôlée et nappage

Les bananes flambées au whisky et cassonade illustrent parfaitement l’intérêt d’un bourbon ou d’un blended vanillé dans un dessert flambé. Les tranches de banane sont d’abord dorées dans un mélange de beurre et de cassonade, jusqu’à obtenir une légère caramélisation. Le whisky est ensuite ajouté hors du feu, puis flambé pour concentrer les notes de caramel, de banane mûre et de vanille. La sauce obtenue sert à napper la banane et éventuellement une glace à la vanille.

La caramélisation doit rester contrôlée : un sucre trop foncé devient rapidement amer, surtout après flambage. Un feu moyen et un mouvement constant de la poêle aident à éviter les zones brûlées. L’ajout final d’un trait de crème ou de jus d’orange peut assouplir la sauce si elle devient trop épaisse, tout en conservant la signature aromatique du whisky.

Pommes poêlées flambées au whisky et cannelle : gestion de l’humidité et du croustillant

Les pommes poêlées flambées au whisky demandent un équilibre entre croustillant de surface et moelleux intérieur. Une variété légèrement acidulée comme la Reine des Reinettes ou la Pink Lady supporte bien la chaleur et le sucre. Les quartiers de pomme sont saisis au beurre, saupoudrés de sucre et de cannelle, puis laissés à dorer. Le problème principal réside dans l’humidité libérée par le fruit, qui peut détremper le caramel.

Pour limiter ce phénomène, une pré-cuisson rapide à feu vif aide à évaporer l’eau de surface, avant d’ajouter le sucre. Le flambage au whisky intervient lorsque les pommes commencent à dorer. Un whisky fruité, éventuellement vieilli en fût de sherry, renforce les notes de pomme cuite, de raisin et de cannelle, tout en créant un nappage brillant idéal pour accompagner un crumble ou une boule de glace.

Ananas rôti flambé au whisky et vanille : utilisation du caramel à sec

L’ananas rôti flambé au whisky et vanille se prête bien à la technique du caramel à sec. Le sucre est fondu seul dans une poêle jusqu’à obtenir une couleur ambrée, puis déglacé avec un mélange de jus d’ananas, de vanille et de whisky. Les tranches d’ananas sont ensuite ajoutées et rôties dans ce sirop, avant un flambage final. Ce procédé donne une sauce dense, équilibrée entre sucre, acidité et amertume maîtrisée.

Un whisky vieilli en fût de bourbon apporte ici une dimension vanillée et boisée très complémentaire. La cuisson doit rester attentive : un caramel trop foncé devient amer, surtout après contact avec l’alcool. Le flambage final, rapide, permet de concentrer encore les arômes, donnant à l’ananas une intensité proche d’une cuisson à la broche mais en version express et parfaitement maîtrisée.

Intégrer le whisky flambé dans les sauces gastronomiques : gastriques, jus corsés et glaçages

L’intégration du whisky flambé dans les sauces gastronomiques constitue l’une des utilisations les plus abouties de ce spiritueux en cuisine. Les gastriques – réductions sucrées-acides à base de sucre caramélisé et de vinaigre – gagnent en complexité lorsqu’un flambage au whisky est ajouté avant l’incorporation du fond. Par exemple, une gastrique au miel, vinaigre de Xérès et whisky vieilli en fût de sherry offre une base idéale pour une sauce de canard ou de pigeon. La statistique souvent citée selon laquelle plus de 30 % des sauces de gibier primées en concours utilisent un spiritueux (whisky, cognac ou armagnac) souligne l’importance de ces alcools en haute cuisine.

Les jus corsés à base de fond brun réduits sur plusieurs heures bénéficient également d’un flambage ponctuel au whisky. L’ajout d’alcool en début de réduction permet d’extraire certains composés aromatiques liposolubles et de créer une couche aromatique supplémentaire. Après flambage, la réduction lente consolide ces saveurs dans une texture sirupeuse, idéale pour napper un filet de bœuf, un carré d’agneau ou un dos de chevreuil. De nombreux chefs considèrent que le whisky, surtout dans sa version single malt, agit comme une « épice liquide », utilisée en petites quantités mais à fort impact gustatif.

Les glaçages de légumes ou de viandes, enfin, tirent parti du whisky flambé pour gagner en relief. Un glaçage de carottes au beurre, sucre et whisky légèrement tourbé donne un accompagnement remarquable pour un magret ou un gibier. Le principe reste identique : flamber pour évaporer l’alcool, puis réduire pour fixer le brillant. Le contrôle de la réduction et du nappage évite une texture collante ou sirupeuse, tout en garantissant une tenue parfaite sur l’assiette de dressage, même lors d’un service prolongé.

Accords mets-whisky et optimisation aromatique des recettes flambées

Les accords mets-whisky appliqués aux recettes flambées reposent sur une logique proche de celle des accords mets-vins, mais avec une puissance aromatique et alcoolique souvent plus marquée. Le premier principe consiste à faire dialoguer l’arôme dominant du whisky avec l’élément central du plat : fruité avec les fruits, fumé avec le gibier, vanillé avec les desserts caramélisés, malté avec les viandes rouges. Dans les dégustations organisées lors de salons gastronomiques récents, plus de la moitié des accords réussis mettaient en avant un rappel aromatique entre le whisky de la sauce et celui servi au verre, ce qui crée une véritable cohérence gustative du début à la fin de la bouchée.

  • Whisky tourbé moyen + magret de canard flambé : accent sur les notes fumées et la graisse de canard.
  • Blended doux + crêpes flambées au whisky : équilibre entre sucre, beurre et notes céréalières.
  • Bourbon vanillé + banane flambée : renforcement des arômes de caramel et de vanille.
  • Single malt fruité + pommes flambées : mise en avant des notes de pomme cuite et d’agrumes.

L’optimisation aromatique passe aussi par la température de service du whisky au verre. Un whisky légèrement rafraîchi (autour de 16–18 °C) s’accorde mieux avec un plat chaud flambé, car l’alcool se fait plus discret au nez, laissant les arômes s’exprimer progressivement. À l’inverse, pour un dessert flambé, un whisky servi un peu plus chaud peut souligner le caractère gourmand de la préparation. La notion de rétro-olfaction prend ici tout son sens : après avoir avalé la bouchée, les arômes remontent par voie nasale, se combinant à ceux du whisky dégusté, créant un effet de prolongation en bouche particulièrement recherché par les amateurs de gastronomie et de spiritueux.